Idjwi

Données géographiques et culturelles

carte administrative d'idjwi

Données géographiques

L’île d’Idjwi, jadis subdivision administrative de la chefferie de Buhavu en territoire de Kalehe, avait été érigée en territoire autonome par l’ordonnance no 078/238 du 29 septembre 1974 portant création de ce territoire. Situé au milieu du lac Kivu à mi-chemin entre la ville de Bukavu et celle de Goma, Idjwi est la plus grande île de la RDC et la deuxième de l’Afrique.

Le territoire d’Idjwi est limité
  • Au nord par le lac Kivu et la ville de Goma,
  • Au Sud par le lac Kivu, le Rwanda et le territoire de Kabare,
  • À l’est par le lac Kivu et le Rwanda,
  • À l’ouest par le lac Kivu et les territoires de Kabare et de Kalehe.

Coordonnées géographiques :

Les données géographiques placent l’île d’Idjwi entre 1°56 et 2°8 de latitude Ouest et entre 28°56’ et 29°5’ de longitude Est.

Climat, saison et température :

Le territoire d’Idjwi connait un climat tempéré doux et humide avec l’intermittence de deux saison à savoir : la saison de pluie qui s’étend sur neuf mois environ (de septembre à mai) et la saison sèche qui prend pratiquement 4 mois (de mai jusqu’en août). Les températures moyennes annuelles oscillent autour de 17°C pendant la période la plus froide en saison de pluie et 30° au moment le plus chaud en saison sèche.

Type de sol et végétation : Essentiellement sablonneux dans la partie nord et argileux dans la partie sud. La végétation menacée d’extinction est naturellement arbustive et herbeuse parsemée des forêts secondaires.

Relief : Avec une altitude moyenne de 1700 m, le territoire d’Idjwi reste dominé par un relief montagneux dont les monts Muganzo au centre Nord (1.829m d’altitude) et surtout Nyamusisi au centre de l’île, plus haut sommet avec 2300m d’altitude.

Hydrographie : Bien que le territoire d’Idjwi soit une île, il possède néanmoins ses propres cours d’eaux à faible débit allant de 1 à 3m3 /sec. Parmi les principaux cours d’eaux on trouve : la rivière Tama, Musheke, Kirheme, Cikoma, Mwiri, Kimalamungo, Kisheke, Bikangi, Kishenyi, Yaruhogoma, Bwina et Bukole.

Particularités et richesses du territoire

  • De part sa position géographique, Idjwi se singularise de tous les autres territoires du fait qu’il soit entièrement isolé par les eaux. Ce territoire reste donc la seule île interne de la RDC. Ainsi, contrairement à d’autres territoires accessibles par voie routière, c’est seulement par voie lacustre qu’on accède à Idjwi.
  • Du point de vue des habitants, Idjwi est l’un des territoires où l’on trouve les pygmées. Ceux-ci semblent être les premiers occupants de l’île et se retrouvent dans toutes les deux chefferies mais beaucoup plus de la chefferie Rubenga où ils sont encadrés par le chef coutumier dans ses activités agricoles.

Quelques richesses :

  • L’existence des ressources naturelles comme les minerais et le sable.
  • Le positionnement de ce territoire dans les eaux favorise la pêche.
  • Le sol argilo-sablonneux permet la production des briques et des ananas.

 Données culturelles

  • Organisation socio-culturelle : Le territoire d’Idjwi ne compte qu’une seule grande tribu : les Bahavus (95%). En outre, on y trouve quelques pygmées et rwandais qui y vivent. Généralement, il n’ya pas de conflits majeurs entre ces différentes couches de la population. Ils sont regroupés en deux royautés souveraines dirigées par un Mwami (au niveau de chefferie).
  • Les habitants d’Idjwi sont essentiellement des cultivateurs. L’agriculture de subsistance est pratiquée par la quasi-totalité de la population. Généralement, pour les Bahavu, il appartient à l’homme de labourer les champs et à la femme de semer, de sarcler, de récolter, de vendre les produits au marché local et remettre l’argent à l’homme qui en décide la répartition.
  • Pour les mariages à Idjwi, de façon formelle, la famille du garçon remet généralement la dot à la famille de la fille. Cette dot est exprimée sous forme de vache. On fait habituellement le mariage coutumier au territoire ou à la chefferie et le mariage religieux à l’église mais plusieurs personnes devient cette voie formelle et font le mariage par rapt. A Idjwi, on observe beaucoup des mariages précoces. La nuptialité est prononcée chez les jeunes d’Ijwi de moins de 18 ans.
  • Dans la culture des Bahavu, l’enfant est un signe de force, de pouvoir et de richesse. Pour eux, il faut avoir autant d’enfant que le bon Dieu voudra. Ainsi, on observe une forte natalité dans les mœurs de la population d’Idjwi. Le système de planification familiale et d’espacement des naissances n’est pas observé à Idjwi malgré quelques sensibilisations de certaines organisations et des églises.

 Langues parlées dans ce territoire

  1. Kihavu (98%)
  2. Swahili (95%)

Commentaires :

Le Kihavu est la langue vernaculaire d’Idjwi. En effet, les différentes couches qui composent le territoire d’Idjwi comprenant les Bahavus en grande partie parlent tous couramment le Kihavu. C’est seulement une poignée de personnes venues d’autres territoires qui ne parlent pas cette langue.  Le swahili est la langue de contact entre les autochtones et les populations urbaines.

 Principales activités

  1. Agriculture (90%)
  2. Petit commerce (5%)
  3. Pêche (3%)
  4. Elevage (2%)

Commentaires :

L’agriculture vivrière est pratiquée par la quasi-totalité de la population d’Idjwi. Le manioc, le haricot, l’ananas et le café sont les principaux produits agricoles. Il existe une vaste plantation qui occupe à elle seule presque le tiers des terres arables du territoire d’Idjwi appartenant à la famille BISENGIMANA spécialisé dans les cultures industrielles notamment le quinquina et le café.

Le petit commerce est la deuxième activité à Idjwi. Les produits agricoles ainsi que certains produits manufacturés venus d’autres territoires font l’objet du petit commerce à Idjwi. La pêche demeure au stade artisanal compte tenu de techniques utilisées. Le fretin (sambaza) est le produit phare issu de la pêche à Idjwi et constitue un aliment de base consommé durant toute l’année dans l’ensemble de ce territoire.

L’élevage du petit bétail et de la volaille y sont plus pratiqués. Celui du gros bétail est désintéressé par manque de pâturage. En effet, étant donné la surpopulation de l’île et la rareté des terres cultivables, les anciens pâturages ont été transformés en champs de cultures vivrières.

 Situation économique

Taux de change flottant appliqué au 5 novembre 2015
Vendeur : Donnée non disponible Acheteur : Donnée non disponible
Nombre d’opérateurs économiques Donnée non disponible

Principaux opérateurs économiques

Principaux opérateurs économiques
  1. Etablissements BA-MI opérant dans l’exploitation et la commercialisation du sable ainsi que dans le transport maritime employant 15 ouvriers et appartenant à la famille Bahali Mirindi.
  2. Etablissements Salama opérant dans le transport maritime, employant 25 ouvriers et appartenant à la famille Lubambo.
  3. Société Kinshop, succursale de l’entreprise de Bukavu, opérant dans la vente des motos

Commentaires:

Le nombre total d’opérateurs économique n’est pas encore maitrisé par les services d’économie et de PMEA à Idjwi. Seulement 1125 opérateurs ont été répertoriés à la fin de l’année 2014 par ces services. Parmi eux, 674 opérateurs ont payé leurs taxes au cours de cette année et sont donc reconnus formels. Les autres sont des micro-opérateurs qui échappent souvent au paiement des taxes.

La plupart d’opérateurs œuvrent dans le petit commerce. Au niveau local, ils vendent les biens agricoles qui sont produits à Idjwi (manioc, patate douce, café). D’autres font quitter les produits manufacturés de la ville de Bukavu et de Goma pour venir les vendre dans les différents marchés d’Idjwi. Les transactions commerciales s’effectuent même avec le Rwanda et les commerçants d’Idjwi vont y acheter certains biens notamment les riz, l’huile de palme, la farine de froment etc.

Principales activités des opérateurs économiques

  1. Transport lacustre (35%)
  2. Exploitation et commercialisation du sable (30%)
  3. Petit commerce (20%)
  4. Vente des produits manufacturés (10%)
  5. Hôtellerie, nganda, restaurant (5%)

 

Principales activités des PME/PMI

  1. Petit commerce (80%)
  2. Transport lacustre (10%)
  3. Artisanat (Meunier, briqueterie) (10%)

Commentaires :

A Idjwi, la plupart des PME œuvrent beaucoup plus dans le petit commerce. Ce sont des entreprises soit individuelles soit familiales employant 1 ou 2 personnes le plus souvent. En outre,  le transport lacustre, l’exploitation et la commercialisation du sable sont aussi des domaines qui sont cœur du business des PME d’Idjwi. Les industries sont rares à Idjwi. Les quelques  très petites industries y œuvrant interviennent dans la briqueterie, la production agricole ainsi que la fabrication du jus et de boisson à la base de certaines fruits notamment l’ananas, la banane, le soja. Ces PMI œuvrent toutes de façon artisanale et ne disposent des moyens nécessaires pour assurer une production de qualité

Grandes entreprises locales

Sarl ACT (African Comodicy and transportation) œuvrant dans la production et la commercialisation du quinquina et du café.

Commentaires :

ACT est la seule grande entreprise présente dans le territoire d’Idjwi. Elle est spécialisée dans la production et la vente du quinquina et du café. Elle dispose d’une plantation d’environ 2500 hectares. Elle fait une production à grande échelle du café et du quinquina. Actuellement cette entreprise connait une chute dans sa production à cause notamment des maladies agricoles qui ont attaqué les cultures à Idjwi. Suite à ces maladies, le quinquina qui était la culture de base dans cette plantation se trouve actuellement entrain d’être dessouché et cette filière est en phase d’être abandonnée.

Principaux produits agricoles

  1. Manioc (55%)
  2. Haricots (20%).
  3. Café (15%)
  4. Ananas (10%).

Commentaires :

Le manioc est le produit agricole phare d’Idjwi et constitue donc le poumon économique de ce territoire. Il est produit dans toutes les deux chefferies et dans les six groupements de l’ile. Sa plantation se fait généralement en septembre ou en février et la récolte intervient après une année. Soulignons que cette production est en perte de vitesse depuis les années 2010 suite à la présence de la mosaïque africaine mal contrôlée dans l’entité. A idjwi, le manioc est plus consommé sous forme de « foufou » et quelque fois sous forme de tubercule bouilli. Une bonne partie des maniocs est revendue dans les territoires voisins et plus particulièrement dans la ville de Bukavu.

Le haricot est aussi produit dans les deux chefferies et sa consommation n’est que locale. En moyenne 15446 tonnes de haricots sont produites à Idjwi. Consommé durant toute l’année, le plus souvent avec les bananes plantains pour plusieurs ménages et le riz ou le foufou pour d’autres, le haricot représente un aliment da base à Idjwi.

Le café étant une culture industrielle, elle est produite mais n’est pas consommée localement. Cette production est exportée en grande partie vers le Rwanda. Avec la  CPNCK (Coopérative des Planteurs et Négociants du Café au Kivu) qui essaie d’encadrer et d’assister les planteurs du café par l’implantation des Micro-stations de lavage du café (MSLC), la production du café semble prendre de l’ampleur ces dernières années et cette coopérative parvient même à exporter en Europe le café qu’elle achète au près de ses membres.

Actuellement, Idjwi est le seul producteur d’ananas dans la province du Sud-Kivu. Ce territoire produit les ananas d’une très bonne qualité qui sont  consommés en tant que tels comme fruits soit utilisés pour fabriquer les vins et les jus. La grande quantité est revendue dans la ville de Bukavu et de Goma ainsi que dans d’autres territoires voisins.

 

Principaux produits non agricoles

  1. Fretins (Sambaza) (70%)
  2. Goujons (Ndugu’u) ( 20%)
  3. Tilapia (7%)
  4. Sable (3%)

Commentaires :

Les produits non agricoles consommés à Idjwi sont les espèces aquatiques (fretin, goujons et tilapia) du lac Kivu. Les espèces comme les fretins (sambaza) représentent un aliment de base dans l’ile d’idjwi et sont consommés durant toute l’année. Une autre partie des fretins est revendue dans la ville de Bukavu et celle de Goma. Le tilapia et les goujons sont consommés localement.

Le sable un aussi l’un des produits caractéristiques du territoire d’Idjwi. Son exploitation est effectuée sur les rives du lac Kivu et cela sur tous les versants de l’île. Plusieurs jeunes œuvrent dans cette exploitation pour acheminer le sable à Bukavu et à Goma. Ce sable est chargé dans les barques des certains opérateurs économiques œuvrant dans ce secteur. Ainsi, la plupart des maisons de Goma et surtout de Bukavu sont construites par le sable venu d’Idjwi.

 

Principales sources d’énergie

  • Bois (50%)
  • Solaire (40%)
  • Pétrole (10%)

Commentaires :

Le courant électrique est totalement absent dans le territoire d’Idjwi. La plupart des ménages utilisent les panneaux solaires pour avoir la lumière pendant la nuit. En cours de la journée, ce sont également de panneaux dont se servent quelques petits entrepreneurs pour réaliser leurs activités (salon de coiffure, restaurant, nganda). Les groupes électrogènes sont rares et ne se trouvent que dans certaines organisations de grande taille comme les ONG, les hôpitaux, les églises, les universités et quelques écoles. Le bois est utilisé pour  la cuisine dans presque tous les ménages et sert à d’autres besoins comme la fabrication des pirogues.

 Situation sanitaire

Nombre d’hôpitaux 4
Nombre de centre de santé 21

Commentaire :

Le territoire d’Idjwi compte une seule zone de santé. La zone de santé rurale d’Idjwi comprend un hôpital général de Référence « Monvu», 3 centres hospitaliers ainsi que 21 centres de santé. L’hôpital général de référence de MONVU est situé au sud de l’île dans le groupement Mpene (chefferie Ntambuka). Créé depuis l’époque coloniale (en l’année 1958) par FBI (Fond du Bien être Indigène Belge), cet hôpital est actuellement sous la gestion de l’Archidiocèse de Bukavu par l’entremise de son département médical BDOM (Bureau Diocésain des Œuvres médicales).

L’hôpital de Monvu dispose des infrastructures modernes en bon état qui sont réhabilitées et entretenues en permanence par le BDOM. A son sein, on organise tous les services traditionnels (Médecine interne, pédiatrie, chirurgie, gynécologie, maternité) ainsi que plusieurs autres services spécialisés (laboratoire, dentisterie, imagerie, soins intensifs, néonatologie etc.). Les services spécialisés organisés à cet hôpital fonctionnent en minima étant donné que les matériels et équipements médicaux ne sont pas au grand complet mais aussi par manque de médecins spécialistes dans ces services. 4 médecins et  21 infirmiers travaillent à l’hôpital de MONVU. Cet hôpital a une capacité d’accueil de 158 lits budgétaires parmi lesquels 97 lits seulement sont  installés.

Les trois centres hospitaliers « Bugarula, Kihumba et Katonda » sont tous situés dans la partie nord du territoire.  Ils fournissent également tous services traditionnels et seulement quelques services spécialisés  comme la tuberculose et la prise en charge du SIDA. Quant aux  centres de santé, ils ne se limitent qu’à offrir un paquet minimum d’activités sanitaires (curatif, préventif, promotionnel, maternité).      En moyenne, 2 médecins qui sont tous des généralistes et 16 infirmiers travaillent dans les centres hospitaliers alors que chaque centre de santé ne fonctionne en moyenne qu’avec 5  Infirmiers  sans aucun médecin. Ces centres hospitaliers disposent d’une capacité moyenne d’accueil de 82 lits chacun alors que les centres de santé ont une capacité moyenne de 8 lits.

Comme tous les centres hospitaliers sont situés dans la partie nord de l’île, les habitants d’Idjwi sud parcourent généralement plusieurs kilomètres à pieds ou à moto pour atteindre l’hôpital. La plupart de centres de santé ne sont pas dotés en équipements et matériels médicaux nécessaires pour offrir des soins de qualité et n’intègrent pas un paquet complet d’activité de soin de santé. De ce fait, tous les cas graves des maladies au sein des centres de santé sont transférés soit dans les centres hospitaliers soit à l’hôpital de Monvu. Sur don du gouvernement via le projet PESS (programme d’équipement des structures sanitaires), l’hôpital de Monvu a bénéficié d’une  ambulance pour assurer les transferts des malades de différents centres de santé vers l’hôpital.

En général, les structures sanitaires d’Idjwi se trouvent dans un état moyennement bon et offrent un minimum des conditions d’accueil pour les malades mais elles ne respectent pas l’ensemble des normes d’infrastructures et d’équipements sanitaires.

 Opportunités de développement

Le territoire d’Idjwi possède plusieurs potentialités pouvant permettre son développement économique. Ainsi, plusieurs domaines peuvent être exploités pour arriver à développer ce territoire :

  1. L’agriculture et la création des coopératives agricoles
  2. Agriculture :

Dans les décennies passées, les cultures de bananes et de maniocs  étaient le poumon économique d’Idjwi. Ces cultures ont été frappées respectivement par le wilt bactérien et la mosaïque africaine qui ont décimé le potentiel productif de ce territoire. Ainsi, la production d’Idjwi a sensiblement baissé à tel point que ce territoire qui était un grand exportateur de ces produits en importe actuellement à certaines périodes. Dans cette situation,  il est nécessaire d’entreprendre des méthodes modernes de production pour arriver à juguler cette crise et booster la production agricole à Idjwi. Dans ce contexte, la présence des associations locales des cultivateurs appuyées par le gouvernement permettraient de faire une large sensibilisation sur les méthodes modernes de production et permettraient même aux cultivateurs d’avoir accès aux semences améliorées. Soulignons que quelques ONG locales tentent d’intervenir pour accroitre la production des ces produits à Idjwi mais leur action reste à faible portée et ne couvre qu’une petite portion de la population. L’implication des grands acteurs et particulièrement du gouvernement serait un atout pour la réussite de cette mission.

Les coopératives agricoles sont rares à Idjwi. En se regroupant en coopérative, les agriculteurs d’Idjwi peuvent améliorer leurs conditions de production et accroitre ainsi leur production agricole. En outre, ces coopératives peuvent disposer des hangars pour le stockage des produits agricoles et arriver à faire un bon écoulement de ces produits. Ceci lutterait contre la fluctuation des prix des produits agricoles et surtout la rareté de ces produits lors des périodes de soudure.

  1. Energie :

L’accès à l’énergie est un pré-requis impérieux au développement économique dans toute entité. Jusqu’à l’heure actuelle, le courant électrique est totalement absent dans le territoire d’Idjwi. Ceci constitue un frein au développement de ce territoire. En effet, en l’absence d’énergie à Idjwi, il est impossible d’y implanter les entreprises industrielles ou semi-industrielles qui peuvent exercer une emprise significative sur le développement de ce territoire. Ainsi, si ce territoire parvient à avoir accès au courant électrique de la SNEL, les opérateurs économiques peuvent être incités à créer des petites industries qui peuvent contribuer non seulement à réduire le chômage en embauchant les travailleurs mais aussi assurer la production locale de certains biens qu’on importait qui couteraient alors moins cher une fois produits localement.

  1. Création des petites et moyennes industries modernes :

Dans le territoire d’Idjwi on trouve un sol sablo-argileux. De ce fait, ce territoire a un grand potentiel de production des briques. A Idjwi, les personnes qui veulent construire des maisons fabriquent généralement leurs propres briques. Au lieu d’en rester à ce stade, il est possible de développer des briqueteries modernes dans ce territoire afin de produire des briques d’une meilleure qualité qui pourront être revendus dans les territoires voisins.

Le territoire d’Idjwi reste un grand producteur des fruits et particulièrement de l’ananas car il est actuellement  le seul territoire à en produire au Sud-Kivu. Etant donné que ces fruits y sont produits en grande quantité, la création des entreprises industrielles ou semi-industrielles qui transformeraient ces fruits en jus et en boisson permettraient non seulement d’embaucher les travailleurs à Idjwi et réduire ainsi le chômage mais aussi cela accroitrait les revenus des habitants  car ce jus pourra être acheminé à Bukavu et à Goma et remplacerait alors les jus importés.

  1. Développement du tourisme

Le tourisme est une activité à promouvoir à Idjwi. En effet, le simple fait que ce territoire soit la plus grande île de la RDC et la deuxième en Afrique est un facteur qui y attire plusieurs touristes. En outre, ce territoire dispose d’un beau paysage, comporte plusieurs îlots situés dans le lac Kivu, plusieurs plages naturelles ainsi que plusieurs autres sites touristiques mais qui demeurent encore non aménagés. Ainsi, il est impérieux de valoriser tous ces espaces et d’aménager tous ces sites de façon à attirer les touristes vers ce territoire. La création d’une association s’occupant du tourisme serait le moyen le plus efficace d’arriver à valoriser ce secteur à Idjwi. Cette association assurera le suivi de l’aménagement des sites touristiques et devra alors promouvoir la publicité des différents lieux pouvant faire l’objet du tourisme.

  1. Exploitation de sable et exploitation minière

Le territoire d’Idjwi dispose du sable extrait sur certaines plages. En outre, la présence des minerais comme la cassitérite et le coltan est aussi remarquable à Idjwi. Une bonne exploitation de ce sable et minerais créerait de l’emploi à plusieurs jeunes et augmenterait le revenu de la population d’Idjwi.

  1. La pêche :

Entouré par le lac Kivu, le territoire d’Ijwi est un milieu propice à la pêche. La pêche du lac Kivu repose essentiellement sur l’exploitation de la sardine appelée « sambaza » mais aussi d’autres espèces notamment le goujon, le tilapia. Toutefois, cette pêche demeure au stade artisanal à Idjwi. Son rendement est faible à cause de techniques et outils traditionnels utilisés. Si cette pêche dépasse le stade artisanal et en présence des méthodes modernes de conservation des poissons et des fretins, ceci permettrait de faire une grande production des espèces aquatiques et accroitrait ainsi le revenu de la population.