Tribus du Sud-Kivu

Principaux Groupes Ethniques

La province du Sud-Kivu est un brassage éthno-culturel très important sur une vague d‛une forte tendance à l‛union mais entravée par les crises qui ont secoués notre province et les pays voisins pendant ces 10 ans de guerres. Parmi ces ethnies nous pouvons vous citer :

  1. Bashi (Territoires de Walungu, Kabare, Kalehe, Mwenga) ;
  2. Barega (Mwenga, Shabunda, Fizi) ;
  3. Bahavu (Kalehe, Idjwi);
  4. Bavira (Uvira);
  5. Bafulero (Uvira) ;
  6. Barundi (Uvira) ;
  7. Babembe (Fizi) ;
  8. Banyindu (Walungu, Mwenga) ;
  9. Banyamulenge (Uvira, Fizi, Mwenga),
  10. Batwa (Kalehe, Idjwi, Kabare);
  11. Babwari (Fizi);
  12. Babuyu (Fizi);
  13. Batembo (Kalehe).

Les Minorités ethniques

Le terme « Minorité ethnique » est souvent utilisé en référence au nombre de membres d‛une communauté ethnique ou tribale. Nous avons déjà cité les principaux groupes ethniques. Ici on trouve quelques groupuscules qui peuvent occuper quelques villages mais souvent elles se rattachent à l‛ethnie majoritaire.

Ainsi on a dans le territoire de Fizi les Babuyu, les Babwari, les Bazobu dans le territoire d‛Uvira. Il y a aussi les peuples autochtones vivant dans la forêt (les Batwa ou Pygmées). On les rencontre à Idjwi, Kabare, Kalehe, Mwenga. Enfin il y a les Banyamulenge un peuple tutsi venu du Rwanda qui se classe dans cette catégorie. Ce nom n‛existait pas dans la littérature congolaise avant 1960.

En fait dans les hauts plateaux d‛Uvira et à Fizi, habite un groupe des pasteurs tutsi venus en petit nombre entre le 17è et le 18è siècle. Avec l‛arrivée massive de leurs confrères venus du Rwanda en 1959 lors du conflit hutu-tutsi , ils sont venus grossir le nombre et avec le temps ils ont acheté des terres aux chefs locaux trouvés sur place jusqu‛à se constituer en groupe de lobbying. Leur nombre exact n‛est pas connu car au début de la guerre de l‛AFDL, Laurent Désiré Kabila déclarait qu‛il avait 30.000 Banyamulenge. Mais dernièrement une des autorités du pays a déclaré qu‛il y avait 45.000 réfugiés banyamulenge au Burundi et 30.000 au Rwanda.

D‛où est-elle venue l‛appellation Banyamulenge ? Jusqu‛à l‛indépendance de notre pays l‛ethnie Banyamulenge n‛existait pas au Congo. En 1970, un Député Tutsi du nom de GISARO a parlé pour la première fois du peuple Munyamulenge, Mulenge étant une localité des Bafulero dans le Territoire d‛Uvira. Petit à petit, ce peuple fut connu sous cette dénomination. La récupération politicienne qui voudrait faire de lui un peuple minoritaire alorsqu‛il n en est pas. En réalité, ce sont les PYGMEES que nous pouvons considérer comme groupe minoritaire dans la Province du Sud- Kivu.

Régime foncier chez les Bashi

Au Bushi, la terre appartient en principe au Mwami et son clan, ceux-ci accèdent aux terres par héritage. Les autres personnes acquièrent le droit d‛exploitation et de jouissance des terres grâce à 3 principaux types de contrats : le Bwasa, le Kalinzi et le Bugule. Le Bwasa est un contrat de location à courte durée et renouvelable chaque année moyennant un paiement ne dépassant pas une chèvre. Ce type de contrat ne favorise pas le développement agricole, car le locataire qui sait qu‛il peut perdre son droit d‛exploitation à n‛importe quel moment ne se soucie pas de faire des travaux qui impliquent des investissements coûteux rentables à long terme comme la mise en place des dispositifs anti-érosifs et des amendements des sols par des engrais.

 

Le Kalinzi est un contrat de location à longue durée négocié moyennant paiement d‛une ou plusieurs vaches. Toutefois le kalinzi n‛est pas un achat, car celui qui donne le kalinzi se fait entrer dans une relation d‛assujettissement envers le récipiendaire. Dans la hiérarchie sociale, celui qui donne la vache de kalinzi devient sujet de la personne qui la reçoit. Il lui doit reconnaissance, soumission et contributions minimums en cas de mariage, deuil, construction et tout autre événement intervenant dans sa famille. Si le bénéficiaire d‛un contrat de kalinzi se montre ingrat et insoumis envers son chef hiérarchique, ce dernier peut lui ravir son champ. Mais ce sont des cas qui arrivent rarement. D‛habitude, le kalinzi est héréditaire avec toutes ses implications.

Le Bugule est un contrat moderne. C‛est une vente pure et simple. Celui qui vend sa terre renonce définitivement à tout droit sur celle-ci. Il délivre un document écrit stipulant sans ambages qu‛il lui qu‛il vendu une terre et il n‛y a pas de relations sujet-chef entre les deux. Ce genre de contrat est plus libérateur que les deux précédents. Les contrats kalinzi et surtout bugule sont propices au développement agricole, car leurs bénéficiaires peuvent consentir des investissements coûteux rentables à long terme. Ils peuvent même y cultiver des bananiers et autres plantes pérennes, spéculations auxquelles les bénéficiaires des bwasa ne peuvent se livrer.